J'écoute : mon coeur Je regarde : le ciel dégagé Je lis : ce que l'on mécrit Je joue : pas, je suis moi Je mange : ou pas..... Je bois : du coca Je cite : personne Je pense : à lui qui vien de m'abandonner Je rêve : au futur (mis à jour samedi 3 septembre 2011 à 02:07)
Voici un texte dont j'ai souvent parlé. Texte que j'ai appréhendé voilà bien des années. Il est temps qu'il fasse parti de ce journal. Certains le connaissent, d'autres découvriront.
L'Amour est plus fort que la Mort, a dit Salomon : oui, son mystérieux pouvoir est illimité.
C'était à la tombée d'un soir d'automne, en ces dernières années, à Paris. Vers le sombre faubourg Saint-Germain, des voitures, allumées déjà, roulaient, attardées, après l'heure du Bois. L'une d'elles s'arrêta devant le portail d'un vaste hôtel seigneurial, entouré de jardins séculaires ; le cintre était surmonté de l'écusson de pierre, aux armes de l'antique famille des comtes d'Athol, savoir : d'azur, à l'étoile abîmée d'argent, avec la devise « PALLIDA VICTRIX », sous la couronne retroussée d'hermine au bonnet princier.
Les lourds battants s'écartèrent. Un homme de trente à trente-cinq ans, en deuil, au visage mortellement pâle, descendit. Sur le perron, de taciturnes serviteurs élevaient des flambeaux. Sans les voir, il gravit les marches et entra. C'était le comte d'Athol.
Chancelant, il monta les blancs escaliers qui conduisaient à cette chambre où, le matin même, il avait couché dans un cercueil de velours et enveloppé de violettes, en des flots de batiste, sa dame de volupté, sa pâlissante épousée, Véra, son désespoir.
En haut, la douce porte tourna sur le tapis ; il souleva la tenture.
Tous les objets étaient à la place où la comtesse les avait laissés la veille. La Mort, subite, avait foudroyé. La nuit dernière, sa bien-aimée s'était évanouie en des joies si profondes, s'était perdue en de si exquises étreintes, que son coeur, brisé de délices, avait défailli : ses lèvres s'étaient brusquement mouillées d'une pourpre mortelle. A peine avait-elle eu le temps de donner à son époux un baiser d'adieu, en souriant, sans une parole : puis ses longs cils, comme des voiles de deuil, s'étaient abaissés sur la belle nuit de ses yeux.
La journée sans nom était passée.
Vers midi, le comte d'Athol, après l'affreuse cérémonie du caveau familial, avait congédié au cimetière la noire escorte. Puis, se renfermant, seul, avec l'ensevelie, entre les quatre murs de marbre, il avait tiré sur lui la porte de fer du mausolée. -- De l'encens brûlait sur un trépied, devant le cercueil ; -- une couronne lumineuse de lampes, au chevet de la jeune défunte, l'étoilait.
Lui, debout, songeur, avec l'unique sentiment d'une tendresse sans espérance, était demeuré là, tout le jour. Sur les six heures, au crépuscule, il était sorti du lieu sacré. En refermant le sépulcre, il avait arraché de la serrure la clef d'argent, et, se haussant sur la dernière marche du seuil, il l'avait jetée doucement dans l'intérieur du tombeau. Il l'avait lancée sur les dalles intérieures par le trèfle qui surmontait le portail. -- Pourquoi ceci ?... A coup sûr d'après quelque résolution mystérieuse de ne plus revenir.
Et maintenant il revoyait la chambre veuve.
La croisée, sous les vastes draperies de cachemire mauve broché d'or, était ouverte : un dernier rayon du soir illuminait, dans un cadre de bois ancien, le grand portrait de la trépassée. Le comte regarda, autour de lui, la robe jetée, la veille, sur un fauteuil ; sur la cheminée, les bijoux, le collier de perles, l'éventail à demi fermé, les lourds flacons de parfums qu’Elle ne respirerait plus. Sur le lit d'ébène aux colonnes tordues, resté défait, auprès de l'oreiller où la place de la tête adorée et divine était visible encore au milieu des dentelles, il aperçut le mouchoir rougi de gouttes de sang où sa jeune âme avait battu de l'aile un instant ; le piano ouvert, supportant une mélodie inachevée à jamais ; les fleurs indiennes cueillies par elle, dans la serre, et qui se mouraient dans de vieux vases de Saxe ; et, au pied du lit, sur une fourrure noire, les petites mules de velours oriental, sur lesquelles une devise rieuse de Véra brillait, brodée en perles : Qui verra Véra l'aimera . Les pieds nus de la bien-aimée y jouaient hier matin, baisés, à chaque pas, par le duvet des cygnes ! -- Et là, là, dans l'ombre, la pendule, dont il avait brisé le ressort pour qu'elle ne sonnât plus d'autres heures.
Ainsi elle était partie !... Où donc !... Vivre maintenant ? -- Pour quoi faire ?... C'était impossible, absurde.
Et le comte s'abîmait en des pensées inconnues.
Il songeait à toute l'existence passée. -- Six mois s'étaient écoulés depuis ce mariage. N'était-ce pas à l'étranger, au bal d'une ambassade qu'il l'avait vue pour la première fois ?... Oui. Cet instant ressuscitait devant ses yeux, très distinct. Elle lui apparaissait là, radieuse. Ce soir-là, leurs regards s'étaient rencontrés. Ils s'étaient reconnus, intimement, de pareille nature, et devant s'aimer à jamais.
Les propos décevants, les sourires qui observent, les insinuations, toutes les difficultés que suscite le monde pour retarder l'inévitable félicité de ceux qui s'appartiennent, s'étaient évanouis devant la tranquille certitude qu'ils eurent, à l'instant même, l'un de l'autre.
Véra, lassée des fadeurs cérémonieuses de son entourage, était venue vers lui dès la première circonstance contrariante, simplifiant ainsi, d'auguste façon, les démarches banales où se perd le temps précieux de la vie.
Oh ! Comme, aux premières paroles, les vaines appréciations des indifférents à leur égard leur semblèrent une volée d'oiseaux de nuit rentrant dans les ténèbres ! Quel sourire ils échangèrent ! Quel ineffable embrassement !
Cependant leur nature était des plus étranges, en vérité ! -- C'étaient deux êtres doués de sens merveilleux, mais exclusivement terrestres. Les sensations se prolongeaient en eux avec une intensité inquiétante. Ils s'y oubliaient eux-mêmes à force de les éprouver. Par contre, certaines idées, celles de l'âme, par exemple, de l'Infini, de Dieu même , étaient comme voilées à leur entendement. La foi d'un grand nombre de vivants aux choses surnaturelles n'était pour eux qu'un sujet de vagues étonnements : lettre close dont ils ne se préoccupaient pas, n'ayant pas qualité pour condamner ou justifier. -- Aussi, reconnaissant bien que le monde leur était étranger, ils s'étaient isolés, aussitôt leur union, dans ce vieux et sombre hôtel, où l'épaisseur des jardins amortissait les bruits du dehors.
Là, les deux amants s'ensevelirent dans l'océan de ces joies languides et perverses où l'esprit se mêle à la chair mystérieuse ! Ils épuisèrent la violence des désirs, les frémissements et les tendresses éperdues. Ils devinrent le battement de l'être l'un de l'autre. En eux, l'esprit pénétrait si bien le corps, que leurs formes leur semblaient intellectuelles, et que les baisers, mailles brûlantes, les enchaînaient dans une fusion idéale. Long éblouissement ! Tout à coup, le charme se rompait ; l'accident terrible les désunissait ; leurs bras s'étaient désenlacés. Quelle ombre lui avait pris sa chère morte ? Morte ! non. Est-ce que l'âme des violoncelles est emportée dans le cri d'une corde qui se brise ?
Les heures passèrent.
Il regardait, par la croisée, la nuit qui s'avançait dans les cieux : et la Nuit lui apparaissait personnelle ; elle lui semblait une reine marchant, avec mélancolie, -- dans l'exil, et l'agrafe de diamant de sa tunique de deuil, Vénus, seule, brillait, au-dessus des arbres, perdue au fond de l'azur.
-- C'est Véra, pensa-t-il.
A ce nom, prononcé tout bas, il tressaillit en homme qui s'éveille ; puis, se dressant, regarda autour de lui.
Les objets, dans la chambre, étaient maintenant éclairés par une lueur jusqu'alors imprécise, celle d'une veilleuse, bleuissant les ténèbres, et que la nuit, montée au firmament, faisait apparaître ici comme une autre étoile. C'était la veilleuse, aux senteurs d'encens, d'un iconostase, reliquaire familial de Véra. Le triptyque, d'un vieux bois précieux, était suspendu, par sa sparterie russe, entre la glace et le tableau. Un reflet des ors de l'intérieur tombait, vacillant, sur le collier, parmi les joyaux de la cheminée.
Le plein-nimbe de la Madone en habits de ciel brillait, rosacé de la croix byzantine dont les fins et rouges linéaments, fondus dans le reflet, ombraient d'une teinte de sang l'orient ainsi allumé des perles. Depuis l'enfance, Véra plaignait, de ses grands yeux, le visage maternel et si pur de l'héréditaire madone, et, de sa nature, hélas ! ne pouvant lui consacrer qu'un superstitieux amour, le lui offrait parfois, naïve, pensivement, lorsqu'elle passait devant la veilleuse.
Le comte, à cette vue, touché de rappels douloureux jusqu'au plus secret de l'âme, se dressa, souffla vite la lueur sainte, et, à tâtons, dans l'ombre, étendant la main vers une torsade, sonna.
Un serviteur parut : c'était un vieillard vêtu de noir ; il tenait une lampe, qu'il posa devant le portrait de la comtesse. Lorsqu'il se retourna, ce fut avec un frisson de superstitieuse terreur qu'il vit son maître debout et souriant comme si rien ne se fût passé.
-- Raymond, dit tranquillement le comte, ce soir, nous sommes accablés de fatigue, la comtesse et moi ; tu serviras le souper vers dix heures. -- A propos, nous avons résolu de nous isoler davantage, ici, dès demain. Aucun de mes serviteurs, hors toi, ne doit passer la nuit dans l'hôtel. Tu leur remettras les gages de trois années, et qu'ils se retirent. -- Puis, tu fermeras la barre du portail ; tu allumeras les flambeaux en bas, dans la salle à manger ; tu nous suffiras. -- Nous ne recevrons personne à l'avenir.
Le vieillard tremblait et le regardait attentivement.
Le comte alluma un cigare et descendit aux jardins.
Le serviteur pensa d'abord que la douleur trop lourde, trop désespérée, avait égaré l'esprit de son maître. Il le connaissait depuis l'enfance ; il comprit, à l'instant, que le heurt d'un réveil trop soudain pouvait être fatal à ce somnambule. Son devoir, d'abord, était le respect d'un tel secret.
Il baissa la tête. Une complicité dévouée à ce religieux rêve ? Obéir ?... Continuer de les servir sans tenir compte de la Mort ? -- Quelle étrange idée !... Tiendrait-elle une nuit ?... Demain, demain, hélas !... Ah ! Qui savait ?... Peut-être !... -- Projet sacré, après tout ! -- De quel droit réfléchissait-il ?...
Il sortit de la chambre, exécuta les ordres à la lettre et, le soir même, l'insolite existence commença.
Il s'agissait de créer un mirage terrible.
La gêne des premiers jours s'effaça vite. Raymond, d'abord avec stupeur, puis par une sorte de déférence et de tendresse, s'était ingénié si bien à être naturel, que trois semaines ne s'étaient pas écoulées qu'il se sentit, par moments, presque dupe lui-même de sa bonne volonté. L'arrière-pensée pâlissait ! Parfois, éprouvant une sorte de vertige, il eut besoin de se dire que la comtesse était positivement défunte. Il se prenait à ce jeu funèbre et oubliait à chaque instant la réalité. Bientôt il lui fallut plus d'une réflexion pour se convaincre et se ressaisir. Il vit bien qu'il finirait par s'abandonner tout entier au magnétisme effrayant autour d'eux. Il avait peur, une peur indécise, douce.
D'Athol, en effet, vivait absolument dans l'inconscience de la mort de sa bien-aimée ! Il ne pouvait que la trouver toujours présente, tant la forme de la jeune femme était mêlée à la sienne. Tantôt, sur un banc de jardin, les jours de soleil, il lisait, à haute voix, les poésies qu'elle aimait ; tantôt, le soir, auprès du feu, les deux tasses de thé sur un guéridon, il causait avec l’Illusion souriante, assise, à ses yeux, sur l'autre fauteuil.
Les jours, les nuits, les semaines s'envolèrent. Ni l'un ni l'autre ne savait ce qu'ils accomplissaient. Et des phénomènes singuliers se passaient maintenant, où il devenait difficile de distinguer le point où l'imaginaire et le réel étaient identiques. Une présence flottait dans l'air : une forme s'efforçait de transparaître, de se tramer sur l'espace devenu indéfinissable.
D'Athol vivait double, en illuminé. Un visage doux et pâle, entrevu comme l'éclair, entre deux clins d'yeux ; un faible accord frappé au piano, tout à coup ; un baiser qui lui fermait la bouche au moment où il allait frapper, des affinités de pensées féminines qui s'éveillaient en lui en réponse à ce qu'il disait, un dédoublement de lui-même tel, qu'il sentait, comme en un brouillard fluide, le parfum vertigineusement doux de sa bien-aimée auprès de lui, et, la nuit, entre la veille et le sommeil, des paroles entendues très bas : tout l'avertissait. C'était une négation de la Mort élevée, enfin, à une puissance inconnue !
Une fois, d'Athol la sentit et la vit si bien auprès de lui, qu'il la prit dans ses bras : mais ce mouvement la dissipa.
-- Enfant ! murmura-t-il en souriant.
Et il se rendormit comme un amant boudé par sa maîtresse rieuse et ensommeillée.
Le jour de sa fête, il plaça, par plaisanterie, une immortelle dans le bouquet qu'il jeta sur l'oreiller de Véra.
-- Puisqu'elle se croit morte, dit-il.
Grâce à la profonde et toute-puissante volonté de M. d'Athol, qui, à force d'amour, forgeait la vie et la présence de sa femme dans l'hôtel solitaire, cette existence avait fini par devenir d'un charme sombre et persuadeur. -- Raymond, lui-même, n'éprouvait plus aucune épouvante, s'étant graduellement habitué à ces impressions.
Une robe de velours noir aperçue au détour d'une allée ; une voix rieuse qui l'appelait dans le salon ; un coup de sonnette le matin, à son réveil, comme autrefois ; tout cela lui était devenu familier : on eût dit que la morte jouait à l'invisible, comme une enfant. Elle se sentait aimée tellement !
C'était bien naturel .
Une année s'était écoulée.
Le soir de l'Anniversaire, le comte, assis auprès du feu, dans la chambre de Véra, venait de lui lire un fabliau florentin : Callimaque . Il ferma le livre ; puis en se servant du thé :
-- Douschka , dit-il, te souviens-tu de la Vallée-des-Roses, des bords de la Lahn, du château des Quatre-Tours ?... Cette histoire te les a rappelés, n'est-ce pas ?
Il se leva, et, dans la glace bleuâtre, il se vit plus pâle qu'à l'ordinaire. Il prit un bracelet de perles dans une coupe et regarda les perles attentivement. Véra ne les avait-elle pas ôtées de son bras, tout à l'heure, avant de se dévêtir ? Les perles étaient encore tièdes et leur orient plus adouci, comme par la chaleur de sa chair. Et l'opale de ce collier sibérien, qui aimait aussi le beau sein de Véra jusqu'à pâlir, maladivement, dans son treillis d'or, lorsque la jeune femme l'oubliait pendant quelque temps ! Autrefois, la comtesse aimait pour cela cette pierrerie fidèle !... Ce soir l'opale brillait comme si elle venait d'être quittée et comme si le magnétisme exquis de la belle morte la pénétrait encore. En reposant le collier et la pierre précieuse, le comte toucha par hasard le mouchoir de batiste dont les gouttes de sang étaient humides et rouges comme des oeillets sur de la neige !... Là, sur le piano, qui donc avait tourné la page finale de la mélodie d'autrefois ? Quoi ! la veilleuse sacrée s'était rallumée, dans le reliquaire ! Oui, sa flamme dorée éclairait mystiquement le visage, aux yeux fermés, de la Madone ! Et ces fleurs orientales, nouvellement cueillies, qui s'épanouissaient là, dans les vieux vases de Saxe, quelle main venait de les y placer ? La chambre semblait joyeuse et douée de vie, d'une façon plus significative et plus intense que d'habitude. Mais rien ne pouvait surprendre le comte ! Cela lui semblait tellement normal, qu'il ne fit même pas attention que l'heure sonnait à cette pendule arrêtée depuis une année.
Ce soir-là, cependant, on eût dit que, du fond des ténèbres, la comtesse Véra s'efforçait adorablement de revenir dans cette chambre tout embaumée d'elle ! Elle y avait laissé tant de sa personne ! Tout ce qui avait constitué son existence l'y attirait. Son charme y flottait ; les longues violences faites par la volonté passionnée de son époux y devaient avoir desserré les vagues liens de l'Invisible autour d'elle !...
Elle y était nécessitée. Tout ce qu'elle aimait, c'était là.
Elle devait avoir envie de venir se sourire encore en cette glace mystérieuse où elle avait tant de fois admiré son lilial visage ! La douce morte, là-bas, avait tressailli, certes, dans ses violettes, sous les lampes éteintes ; la divine morte avait frémi, dans le caveau, toute seule, en regardant la clef d'argent jetée sur les dalles. Elle voulait s'en venir vers lui, aussi ! Et sa volonté se perdait dans l'idée de l'encens et de l'isolement. La Mort n'est une circonstance définitive que pour ceux qui espèrent des cieux ; mais la Mort, et les Cieux, et la Vie, pour elle, n'était-ce pas leur embrassement ? Et le baiser solitaire de son époux attirait ses lèvres, dans l'ombre. Et le son passé des mélodies, les paroles enivrées de jadis, les étoffes qui couvraient son corps et en gardaient le parfum, ces pierreries magiques qui la voulaient , dans leur obscure sympathie, -- et surtout l'immense et absolue impression de sa présence, opinion partagée à la fin par les choses elles-mêmes, tout l'appelait là, l'attirait là depuis si longtemps, et si insensiblement, que, guérie enfin de la dormante Mort, il ne manquait plus qu' Elle seule !
Ah ! Les Idées sont des êtres vivants !... Le comte avait creusé dans l'air la forme de son amour, et il fallait bien que ce vide fût comblé par le seul être qui lui était homogène, autrement l'Univers aurait croulé. L'impression passa, en ce moment, définitive, simple, absolue, qu' Elle devait être là, dans la chambre ! Il en était aussi tranquillement certain que de sa propre existence, et toutes les choses, autour de lui, étaient saturées de cette conviction. On l'y voyait ! Et, comme il ne manquait plus que Véra elle-même , tangible, extérieure, il fallut bien qu'elle s'y trouvât et que le grand Songe de la Vie et de la Mort entr'ouvrît un moment ses portes infinies ! Le chemin de résurrection était envoyé par la foi jusqu'à elle ! Un frais éclat de rire musical éclaira de sa joie le lit nuptial ; le comte se retourna. Et là, devant ses yeux, faite de volonté et de souvenir, accoudée, fluide, sur l'oreiller de dentelles, sa main soutenant ses lourds cheveux noirs, sa bouche délicieusement entr'ouverte en un sourire tout emparadisé de voluptés, belle à en mourir, enfin ! la comtesse Véra le regardait un peu endormie encore.
-- Roger !... dit-elle d'une voix lointaine.
Il vint auprès d'elle. Leurs lèvres s'unirent dans une joie divine, --oublieuse, -- immortelle !
Et ils s'aperçurent, alors, qu'ils n'étaient, réellement, qu' un seul être .
Les heures effleurèrent d'un vol étranger cette extase où se mêlaient, pour la première fois, la terre et le ciel.
Tout à coup, le comte d'Athol tressaillit, comme frappé d'une réminiscence fatale.
-- Ah ! maintenant, je me rappelle !... dit-il. Qu'ai-je donc ? -- Mais tu es morte !
A l'instant même, à cette parole la mystique veilleuse de l'iconostase s'éteignit. Le pâle petit jour du matin, -- d'un matin banal, grisâtre et pluvieux --, filtra dans la chambre par les interstices des rideaux. Les bougies blêmirent et s'éteignirent, laissant fumer âcrement leurs mèches rouges ; le feu disparut sous une couche de cendres tièdes ; les fleurs se fanèrent et se desséchèrent en quelques moments ; le balancier de la pendule reprit graduellement son immobilité. La certitude de tous les objets s'envola subitement. L'opale, morte, ne brillait plus ; les taches de sang s'étaient fanées aussi, sur la batiste, auprès d'elle ; et s'effaçant entre les bras désespérés qui voulaient en vain l'étreindre encore, l'ardente et blanche vision rentra dans l'air et s'y perdit. Un faible soupir d'adieu, distinct, lointain, parvint jusqu'à l'âme de Roger. Le comte se dressa ; il venait de s'apercevoir qu'il était seul. Son rêve venait de se dissoudre d'un seul coup ; il avait brisé le magnétique fil de sa trame radieuse avec une seule parole. L'atmosphère était, maintenant, celle des défunts.
Comme ces larmes de verre, agrégées illogiquement, et cependant si solides qu'un coup de maillet sur leur partie épaisse ne les briserait pas, mais qui tombent en une subite et impalpable poussière si l'on en casse l'extrémité plus fine que la pointe d'une aiguille, tout s'était évanoui.
-- Oh ! murmura-t-il, c'est donc fini ! -- Perdue !... Toute seule ! -- Quelle est la route, maintenant, pour parvenir jusqu'à toi ? Indique-moi le chemin qui peut me conduire vers toi !...
Soudain, comme une réponse, un objet brillant tomba du lit nuptial, sur la noire fourrure, avec un bruit métallique : un rayon de l'affreux jour terrestre l'éclaira !... L'abandonné se baissa, le saisit, et un sourire sublime illumina son visage en reconnaissant cet objet : c'était la clef du tombeau.
Un petit message sur mon journal pour remercier ceux qui ont été présents samedi soir et avec qui j'ai passé une très bonne soirée.
Je ne vais pas citer les noms, les concernés se reconnaitrons.
Pour les autres, c'est dommage. Il semble que c'était la première occasion offerte pour une rencontre entre gaïens sur Bordeaux.
Peut-être une prochaine fois quand le froid aura laissé place à un printemps clément.....
Ravis d'avoir rencontré ceux que je n'avais pas encore vus en live. Content d'avoir retrouvé ceux que je connais déjà :D
Y a des jours où quelque chose vous touche plus....
En changeant de CD dans la voiture pour aller au boulot, j'entends au sujet des bombardements à Gaza : "Le journaliste a vu un petit garçon ensanglanté sortir des décombres, le corps dans tête de sa petite sœur dans les bras. Il a annoncé que cette image lui a donné envie de pleurer ».
Et puis, une fois arrivé au boulot, page des infos sur le net…. Cette photo….
Et là, je reviens à quelques semaines en arrière, avant les bombardements et je me rappelle ce sentiment de déception relatif à l’être humain lorsque plus rien n’allait en Inde.
Ca devient de plus en plus régulier, de plus en plus horrible…. Quand est-ce que l’homme s’arrêtera de faire le mal alors que nous sommes tous capables du contraire ????
L’homme est bien stupide et pourtant j’ose encore croire en lui…. La naïveté ? Oui, ça doit être ça.
I was lying in my bed last night staring
At a ceiling full of stars
When it suddenly hit me
I just have to let you know how I feel
We live together in a photograph of time
I look into your eyes
And the seas open up to me
I tell you I love you
And I always will
And I know you can't tell me
I know you can't tell me
So I'm left to pick up
The hints, the little symbols of your devotion
So I'm left to pick up
The hints, the little symbols of your devotion
And I feel your fists
And I know it's out of love
And I feel the whip
And I know it's out of love
And I feel your burning eyes burning holes
Straight through my heart
It's out of love
It's out of love
I accept and I collect upon my body
The memories of your devotion
I accept and I collect upon by body
The memories of your devotion
And I feel your fists
And I know it's out of love
And I feel the whip
And I know it's out of love
And I feel your burning eyes burning holes
Straight through my heart
It's out of love, ooh hoo
It's out of love
Give me a little bit serious love
Give me a little full love
Be full of love
2008, année de changement, année d'évolution.
Voilà ce qu'a été cette année pour moi.
La fin d'une longue histoire d'amour.
Le début de rencontres agréables et enrichissantes.
Un début de découverte de moi-même.
Des perspectives d'avenir différentes.
Je suis content de ce qui a eu lieu durant cette année, de positif ou de négatif. Après tout, c'est l'ensemble de ces choses qui font que l'on grandit, que l'on change, que l'on évolue.
En ce qui concerne GA, j'ai d'abord découvert un site sur lequel j'ai souvent plaisir à venir.
J'y retrouve des gens avec qui j'ai plaisir à partager des discussions intéressantes, drôles, mouvementées parfois, un peu déjantées des fois. Pas de prise de becs et je tiens que ça continue ainsi....
J'y ai trouvé des amis et des potes.
Bien nombreux sont ceux avec qui j'ai échangé. Certains ont pris une importance bien particulière.
Je retiens spécialement la rencontre de Theodinge et Ashkafu qui m'ont tous deux soutenu à mes tous débuts de Gaïens alors que je sortais de ma rupture et qui sont à mon sens des amis.
aMALEgamme, mon jumeau. Qui est sur bien des points si semblable à ma personne. Tu sais ce qu'il te reste à faire maintenant. Comme j'ai évolué, évoluer tu devras jeune padawan :D
mbiggelsworth, que dire à ton sujet? Tu es important pour moi, tu es un homme adorable. Désolé si parfois j'ai pu être indélicat.
Marsu.... La "découverte" de fin d'année :D
Tu es entré dans ma vie alors que je ne m'y attendais pas.... Je n'ai pas compris tes signes... Heureusement que tu as persisté, ça a fini par payer... hi hi hi
GoDHasAVOiceSHeSPeaKsthROUghmE, un jour je saurai parler de moi quand il faudra :D Je suis également content de t'avoir rencontré.
c8laviolette, je vais devoir changer de jeans (trop perdu de poids) tu veux que je te file mon 507 et mon 512? :D T'es un garçon adorable.
J'ai bien d'autres choses à dire à chacun de vous mais cela devrait plutôt se faire en privé, tout le monde n'a pas besoin de savoir :D (merci d'éviter les raccourcis vite faits sur cette dernière phrase...lol)
Il y en a bien d'autres encore mais faire le détail signifierait un article sans fin :D
Sachez simplement que même si je ne vous cite pas tous, je suis content de vous connaître et de vous parler à chaque fois, de vous avoir rencontrer en vrai pour certains.
Dans tous les cas, je suis heureux de ce que j'ai vécu cette année, de ce que j'ai pu partager avec chacun.
Mon évolution se fait petit à petit mais sûrement. J'essayerai de faire de 2009 l'année de la concrétisation sur tous les plans. Je serai un homme nouveau, un homme tout simplement :D
Merci 2008, je te quitte avec un certain emoi. Bonjour 2009, j'attends beaucoup de toi.
Aujourd'hui j'ai décidé d'être sympa :D
Donc je vais remercier les gens. Ceux qui sont issus de GA, ceux qui ne le sont pas....
Donc je me lance :
Merci à toi qui a passé dix ans avec moi, c'est la plus belle histoire que j'ai vécu à ce jour. Dommage que cela ai eu une fin.
Merci à vous qui êtes à mes côtés depuis mon arrivée sur ce site, vous qui m'avez soutenu dès le départ et être devenus des amis.
Merci à vous qui parlez avec moi chaque jour, en direct ou non. Cela s'avère parfois réconfortant, parfois intructif, parfois délicat, parfois touchant.
Merci à toi d'être venu me voir et d'être un ami sincère.
Merci à toi, mon vieille amie depuis 17 ans qui chaque jour est présente.
Merci à toi, ma meilleure amie qui est également présente et a su être là quand j'ai eu besoin de toi.
Merci à vous qui m'avez appris que rien n'est acquis lorsqu'on tente.
Merci à vous qui m'avez reçu chez vous et avez été des hôtes agréables.
Merci à toi qui m'a invité au restaurant et a su te comporter en gentleman. Dommage que tu sois têtu et que tu ne saches prendre du recul sur des choses insignifiantes.
Merci à certains de m'avoir montrer que les mecs bien ça existe....
Merci à toi, mon "jumeau" qui est là chaque jour et qui partage tant avec moi.
Merci à ceux qui évitent le silence c'est une chose dont j'ai en horreur. Le silence est le plus grand des mépris ou la plus grande des fuites, je ne pense pas le mériter.
Merci à ceux qui écoutent avec patience, des fois je parle un peu trop de moi mais c'est le risque quand on ne l'a pas fait pendant des années.
Merci à vous qui me permettez de faire de nouvelles expériences et de nouvelles découvertes dans un domaine ou dans un autre.
Merci à toi de me faire confiance et de songer à m'offrir une opportunité en or.
Mais je ne te remercie pas, toi, qui a fait que ma vie a basculé il y a 26 ans. Cependant je te pardonne car cela aide à avancer.
Je me permets ces quelques mots afin de te dire combien tu es quelqu'un de bien.
Je sais que tu ne sauras y croire et encore moins accepter ceci mais au moins ce sera dit :D
Voilà bien des semaines que nous conversons ensemble de façon quotidienne.
Nous sommes tellement différents et similaires à la fois.....
Tu as cette force que je n'ai pas, de savoir prendre du recul rapidement.
Tu dis la vérité telle que tu la vois, tu ne me caches rien, tu en sais beaucoup sur moi.
Difficile de trouver les mots qui sauraient exprimer réellement mon attachement à ton sujet même si notre relation n'est que virtuelle, je pense qu'elle a le mérite d'être belle.
Quant à ce qui peut être pensé de tout cela, je n'en ai cure.....
Ce que je sais, c'est que je suis content que tu sois là.
Donc merci tout simplement, mon « jumeau » comme nous aimons à nous considérer….
Je n'ajouterai guère de choses car les mots sont bien insignifiants dans ce genre de cas....
Parce que certaines citations traduisent la façon de penser des gens, voici en ce qui me concerne :
Un silence peut être parfois le plus cruel des mensonges (Robert Louis Stevenson)
Je crains votre silence, et non pas vos injures (Racine - Andromaque)
Ce n'est pas mourir pour sa foi qui est le plus difficile, c'est de vivre conformément à cette foi (William Tackeray - Extrait de L'Histoire d'Henry Esmond)
La meilleure, et la plus simple, justification de sa foi, ou de sa non foi, consiste à dire la vérité (Jim Fergus - Extrait de Mille femmes blanches)
L'homme ne progresse pas de l'erreur vers la vérité, mais de vérités en vérités, d'une vérité moindre à une vérité plus grande (Swami Vivekananda - Extrait de Jnana yoga)
Je préfère une vérité nuisible à une erreur utile : la vérité guérit le mal qu'elle a pu causer (Johann Wolfgang von Goethe)
A celui qui a passé dix ans avec moi, merci d’avoir été là
A celui qui a pensé que je n’étais pas vraiment heureux, détrompe toi
A celui qui a cru que le matériel primait sur tout, en quoi cela importe ?
A celui qui croit que les sentiments ne peuvent être rapides, que le diable m’emporte
A celui qui pense qu’une relation amoureuse est une prison, la liberté n’est pas exclue
A celui qui suppose que mon passé est tout ce que je suis, ce passé mérite d’avoir été vécu
A celui qui pense que le silence est une solution, je pense que c’est la plus grande marque de non respect
A celui qui pense que je suis capable de le suivre, le sens contraire ne serait-ce pas la plus mauvaise des idées? :D
A celui qui pense que je réfléchis trop, me laisser faire n’est peut-être pas l’attitude qu’il fallait
A celui qui est toujours à mes côtés, pour toi mon ami je suis toujours présent
A celui qui a su jouer de ma naïveté, ne pense pas que je pardonne ce comportement
A celui qui se croit adulte, la fuite est l’attitude la plus puérile qui soit
A celui qui n'ose pas dire la vérité, le silence est une technique peu valeureuse
Mais de tous ceux que je croise, une trace reste toujours.
Je ne hais point mais ne pardonne pas tout.
Je dis les choses, un point c'est tout.
Nulle malice mais je m'exprime certains jours.
Par un savant mélange de mots, les sentiments peuvent être exprimés et lus.
Nul besoin d’être compris mais envie de partager.
Je ne suis pas fou vous savez :D
Parce qu'Aaron m'en a parlé avant que je ne l'entende et qu'il l'aime beaucoup, un petit cadeau pour lui :D
Mais autant que tout le monde en profite :
Un peu beaucoup...
Bon, j’suis d’accord,
C’est pas de pot que ta poupée t’ai planté.
Bon, et alors ?
Des belles plantes y a plein le quartier
Demain tu verras,
Qu’une autre te dira….
J’t’aime un peu beaucoup
Même si tu n’y penses pas du tout
J’t’aime à la folie
Même si tu ne l’aimes pas beaucoup
Oh j’t’aime, tu verras que même toi
Tu l’aimeras comme un fou
Bon, t’es mon pote
Ca sert à rien de tourner autour du pot
Même si je parie
Que cette pensée
Ne t’a pas même effleuré
Et si je te disais….
Que c’est moi qui…..
T’aime un peu beaucoup
Même si tu n’y penses pas du tout
T’aime à la folie
Même si tu ne m’aimes pas beaucoup
Oh… J’aimerai tant que tu m’aimes
Toi comme un fou
Bon, qu’est-ce qu’on fait ?
On va pas rester là comme deux empotés
Bon, qu’est-ce qu’on fait ?
Se faire la tête ou le film à la télé ?
Bon, qu’est-ce qu’on fait ?
Mais toi tu m’aimes pas, si c’est pas malheureux
Bon, qu’est-ce qu’on fait ?
Se faire la gueule ou bien l’amour toute la nuit ?